Il aura fallu attendre la prolongation pour départager deux géants. Dimanche 19 juillet, au MetLife Stadium de la région de New York, l’Espagne a battu l’Argentine 1–0 et décroché la deuxième Coupe du Monde de son histoire, la première depuis 2010. Chez nous, au Luxembourg, la finale a commencé à 21h00 CEST — l’heure idéale pour la regarder tranquillement, un verre à la main, sur les terrasses de la Ville-Haute ou devant la télé à Esch. Et ceux qui ont tenu jusqu’au bout des 120 minutes ont été récompensés par l’un des dénouements les plus tendus qu’une finale nous ait offerts depuis longtemps.

L’Espagne soulève la Coupe du Monde au MetLife Stadium le 19 juillet 2026 — deuxième titre mondial, seize ans après celui de 2010. Image d’illustration.
Un scénario qui se débloque à la 106e minute
Pendant 90 minutes, rien. Les deux meilleures équipes du tournoi se sont neutralisées, chacune refusant de prendre le moindre risque, et le tableau d’affichage affichait toujours un 0–0 à la fin du temps réglementaire. Il a fallu entrer dans la prolongation — et attendre à peine une quarantaine de secondes après la reprise de la seconde période — pour que la finale bascule.
L’action est un petit bijou d’entrants : Pedro Porro adresse un centre au second poteau, le remplaçant Nico Williams prolonge de la tête, et Ferran Torres — lui aussi sorti du banc, entré à la 62e à la place de Mikel Oyarzabal — conclut du gauche, en première intention, devant Emiliano Martínez. 106e minute, 1–0. Deux remplaçants combinés pour offrir un titre mondial : voilà le genre de détail qui fait la légende d’une finale.
Ce sera le seul but de la rencontre, et Ferran Torres — qui n’avait pas marqué de tout le tournoi — a été désigné homme du match. Au micro après la rencontre, l’attaquant décrivait un geste presque instinctif :
"I just saw the ball coming to me and I just shot with the power of all the Spanish people." (J’ai simplement vu le ballon venir vers moi et j’ai frappé avec la force de tout le peuple espagnol.) — Ferran Torres, buteur de la finale (Yahoo Sports, 19 juillet 2026)
Une Espagne qui entre dans l’histoire
Ce sacre n’est pas seulement un titre de plus. Il vient parachever une séquence rare pour une sélection nationale :
- Le doublé Euro 2024 + Mondial 2026 : championne d’Europe il y a deux ans, l’Espagne ajoute désormais la couronne mondiale.
- Première nation de l’histoire à détenir simultanément les Coupes du Monde masculine et féminine (les Espagnoles ont gagné en 2023).
- La meilleure défense jamais vue chez un champion du monde : un seul but encaissé en huit matchs, avec sept clean sheets — un record d’autant plus fou que le format à 48 équipes impose davantage de rencontres que jamais.
- 38 matchs sans défaite, nouveau record pour une sélection (l’Italie détenait la marque avec 37).
Le sélectionneur Luis de la Fuente, artisan de ce projet fondé sur une génération barcelonaise très jeune (Lamine Yamal, 19 ans ; Pau Cubarsí, 19 ans lui aussi et meilleur jeune du tournoi), résumait l’aventure ainsi :
"I said gentlemen we have an appointment with history, and we want to be there first." (J’ai dit : messieurs, nous avons rendez-vous avec l’histoire, et nous voulons y arriver les premiers.) — Luis de la Fuente, sélectionneur de l’Espagne (Yahoo Sports, 19–20 juillet 2026)
La fin de match a viré à la tension
La soirée n’a pas été un long fleuve tranquille pour l’Argentine. Réduite à dix dès la fin du temps réglementaire — Enzo Fernández expulsé pour un second carton jaune (90+3′) après une faute sur Cubarsí — l’Albiceleste a joué toute la prolongation en infériorité numérique. Et après le coup de sifflet final, la tension a débordé : Leandro Paredes a attrapé Eric García à la gorge dans une échauffourée que les joueurs espagnols ont dû calmer. Plusieurs médias ont évoqué une seconde expulsion argentine, mais le rapport officiel de la FIFA indique que Paredes n’a pas été exclu.
Autre statistique qui en dit long sur la physionomie : Emiliano Martínez a réalisé 11 arrêts, le record pour un gardien en finale de Coupe du Monde. Un chiffre héroïque, mais qui souligne surtout la domination espagnole — l’Argentine, elle, n’a pas cadré une seule frappe en 120 minutes.
Le crève-cœur de Messi, et un clin d’œil aux Bleus
Pour beaucoup ici, la finale avait une saveur particulière : c’était, selon toute vraisemblance, le dernier Mondial de Lionel Messi, à 39 ans. L’Argentin termine sans but sur cette finale, avec le Ballon d’argent en lot de consolation, en larmes au moment de recevoir sa médaille tandis que l’Espagne formait une haie d’honneur. Son constat, tout en dignité :
"I feel sad, but I am aware that we played our hearts out." (Je suis triste, mais je sais que nous avons tout donné.) — Lionel Messi (Bleacher Report, 19 juillet 2026)
Et la France dans tout ça ? Nos voisins, l’équipe que la plupart des supporters luxembourgeois ont suivie une fois la Belgique éliminée, ont terminé au pied du podium — quatrièmes, battus par l’Angleterre lors de la petite finale. Un Mondial qui s’arrête sans médaille pour les Bleus, mais on y revient en détail dans notre classement final et le tableau des phases finales.
Mon regard
Cette finale ne restera pas dans les mémoires pour son spectacle offensif — 0–0 après 90 minutes, un seul but au total — mais pour sa densité et son suspense. L’Espagne méritait ce titre : elle a été la meilleure équipe du tournoi du premier au dernier match, avec une maîtrise défensive qui force le respect. Pour le parieur luxembourgeois qui avait misé sur la Roja au coup d’envoi (voir plus bas), c’était une soirée gagnante… à condition d’avoir eu les nerfs de tenir jusqu’à la prolongation. On refait le match des cotes juste après.
- L’Espagne championne du monde 2026 : 1–0 après prolongation contre l’Argentine, but de Ferran Torres à la 106e.
- Deuxième titre mondial espagnol (premier depuis 2010) et doublé Euro 2024 + Mondial 2026.
- Record : une seule fois but encaissé en huit matchs et 38 rencontres sans défaite (ancien record : Italie, 37).
- Enzo Fernández expulsé (90+3′), Martínez auteur de 11 arrêts (record en finale), l’Argentine sans tir cadré en 120 minutes.
- Messi, sans doute pour son dernier Mondial, termine avec le Ballon d’argent ; la France finit 4e.
Cotes mentionnées à titre indicatif (cotes décimales, au 19 juillet 2026), susceptibles d’évoluer. Pariez de manière responsable : les paris sportifs comportent un risque. Réservé aux personnes majeures.